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Les facéties du sapeur Camember par Christophe - Pierre Aulas
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Plan détaillé
Camember est présenté au lecteur.
Ier groupe d'histoires.
Camember se plie aux exigences de la discipline militaire.
Camember fait de l'esprit et connaissance avec Cancrelat.
Camember est de plus en plus facétieux.
Cancrelat abruti par la logique du sapeur.
Camember initiateur.
Un tondeur rasé.
IIe groupe d'histoires.
IIIe groupe d'histoires.
IVe groupe d'histoires.
Ve groupe d'histoires.
VIe groupe d'histoires.
VIIe groupe d'histoires.
VIIIe groupe d'histoires.
Épilogue.

Ier groupe d'histoires.

Camember se plie aux exigences de la discipline militaire.

Le sapeur Camember a trouvé des vêtements légérement au-dessus de sa taille

À l'aspect de la barbe déjà belle du conscrit Camember, le capitaine Brizard le délègue dans les fonctions de sapeur. Puis il l'envoie au magasin d'habillement, où il trouve du premier coup un uniforme à sa taille, n'ayant presque pas besoin de retouches.

Le sergent demande à Camember de porter les gamelles aux hommes du poste

Deux jours après, le sergent Briquemol interpelle poliment Camember : « Sapeur, coutez un peu c'que j'vous intitule. V's'allez médiatement porter les gamelles aux hommes du poste de l'Arsenal et tâchez moyen de n'pas m'rapporter les gamelles pleines sinon !…

Camember transporte ses gamelles

Et voilà Camember, esclave du devoir, parti avec ses gamelles. Mais Besançon est une grande ville et Camember n'a jamais quitté Gleux-les-Lure, sa patrie ; c'est ce qui explique pourquoi il marche déjà depuis une heure, bien que l'Arsenal soit à 10 minutes de la caserne.

Camember s'est perdu à la nuit tombée

Enfin, la nuit étant venue, Camember, qui sue à grosses gouttes, commence à croire qu'il n'est pas dans la bonne voie et il songe à écouter celle de sa conscience qui lui crie de regagner la caserne.

Camember entreprend de manger le contenu des gamelles

Mais comme le sergent Briquemol l'a menacé de choses terribles s'il revenait avec les gamelles pleines, Camember se met en mesure d'obéir à la consigne. C'est toujours une sage précaution.

Camember ronfle et digère, allongé sur le dos et dans le noir

C'est ce qui explique pourquoi, vers 10 heures, quand le poste, qui avait le ventre creux, descendit de garde, il trouva Camember qui, lui, avait le ventre plein, et ronflait harmonieusement comme une toupie d'Allemagne.

Colophon de la première partie

Camember fait de l'esprit et connaissance avec Cancrelat.

Cancrelat dort, les mains croisés sur la bouche de son fusil

Des vols ayant été commis à la grande poste, on a jugé bon d'y mettre un factionnaire. C'est précisément le fusilier Cancrelat qui est de faction au moment où Camember facétieux et plein d'esprit, vient mettre à la poste la lettre du colonel.

Camember entretient Cancrelat à propos de la prudence

« Comment que tu s'appelles, conscrit ? dit Camember. — Cancrelat, sapeur de la 3e du second ! — Eh bien, fusilier Cancrelat de la 3e du second, que tu es une jeunesse bien imprudente… Et si ton fusil il allait partir ? il te casserait la margoulette ! »

Cancrelat émet des doutes

« Partir ?… mon fusil ?… Pas de danger, sapeur, il n'est pas chargé !
— Que voilà, conscrit, une raison itérative, mais qu'elle n'est pas subséquente de la chose et que p'sitivement elle me stupéfactionne de renversement ! »

Camember entreprend d'éduquer Cancrelat par l'exemple

« Vois-tu cette lettre, qu'elle a été écrite par le colonel ? — Oui, sapeur ! — Voui-z'ou non, est-elle chargée ? — C'est pas que l'colonel, il n'en a pas les moyens… mais celle-ci, elle n'est pas chargée ! »

Camember poursuit sa démonstration expérimentale

« Pour lorsse, conscrit, c'te lettre elle n'est pas chargée… tu la-z-as vue, et tu l'obtempères, n'est-ce pas ?… et nonostant que tu vas voir que ça n'vas pas l'empêcher de partir tout de même ! »

Cancrelat est bouleversé par ce qu'il a vu

Là-dessus le sapeur Camember s'éloigne d'un air digne autant que satisfait, et voilà pourquoi le fusilier Cancrelat, confondu par les arguments sans réplique du sapeur, a de la méfiance.

Colophon de la deuxième partie

Camember est de plus en plus facétieux.

Cancrelat saigne du nez

Le conscrit Cancrelat, ayant été, un beau matin, sans raison valable, pris d'un saignement de nez, le sapeur Camember (un père pour les conscrits) s'approche, plein de sollicitude.

Camember se préoccupe de l'état du nez de Cancrelat

« Mais, mon garçon, t'as une fuite ! s'écrie-t-il… Le major appelle cela d'un nom turc que je ne te dis pas, parce que tu ne comprendrais pas. Faut arrêter ça ! le soldat français, il ne doit verser son sang qu'pour la patrie ! »

Camember apporte son aide aux ouvriers

« Je te vas mettre mon sabre dans le dos… là !… Pour arrêter ça, il n'y a qu'un moyen… maintenant dis douze fois de suite, sans te tromper : Abéricarama chatavaradapatara chkitavaldaltach !! »

Camember passe une épée dans le dos de Cancrelat

« C'est fait ! Seulement, tu sais, c'est pas fini !… Ainsi, j'ai un de mes bons amis qui s'a mis un fois à saigner du nez… comme toi… »

Camember raconte à Cancrelat ce qui est arrivé à un de ses amis

« Eh ben ! tu me croiras si tu veux, mais pas plus tard que le lendemain… il était mort ! C'est comme je te le dis. »
Et Camember laissa Cancrelat en proie aux affres d'une terreur folle.

Camember s'en va après une sentencieuse et inquiétante remarque

Mais après quelques pas il revient :
« Ah ! j'avais oublié de te dire que, la veille, il avait reçu un biscaïen dans la figure ! »
Et Camember s'éloigne, content de lui.

Colophon de la troisième partie

Cancrelat abruti par la logique du sapeur.

Le sergent cherche un homme pour scier du bois

Cancrelat, qui est de corvée, a des pensers amers et il cherche, sans le trouver, le moyen de carotter le service, lorsque le sergent Bitur paraît et demande un homme de bonne volonté pour scier le bois du colonel. « — Voilà, chef ! » riposte aussitôt Cancrelat.

Cancrelat volontaire pour la corvée de bois

Il faut vous dire que Cancrelat est de ces gens fort nombreux qui aiment beaucoup faire ce qui ne concerne pas leur état. Aussi est-ce d'un pas allègre, le cœur content et l'âme satisfaite, qu'il se rend chez le grand chef.

Camember donne des conseils circonstanciés à Cancrelat

« Oh ! ce qu'y en a ! » dit Cancrelat découragé. Mais Camember, qui se trouve là, le réconforte par de saines paroles : « Cancrelat ! lui dit-il, tu m'affliges : tu n'as qu'à commencer par un bout, et quand t'arriveras à l'autre, tu seras tout épaté d'avoir fini. »

Cancrelat coupe du bois

Cancrelat n'a pas très bien compris. Mais plein de confiance dans la science du sapeur, il se met courageusement à l'œuvre. Aussi Camember ayant reparu à l'horizon…

Cancrelat doute des conseils de Camember et le lui fait savoir

« J'le gobe, vot'système, sapeur, seurement qu'il est bigrement long  J'en ai encore fait que la moitié
— Cancrelat, riposte Camember, t'as donc du jus de navet dans la cervelle !… Voyons ! réflécochons ! As-tu voui-z'ou non, fini de scier les bûches de ce bout ici ?

Camember explique à Cancrelat par quel bout prendre les choses

« Ça, oui ! dit Cancrelat, à ce bout-z-ici, y'a plus qu'une bûche. — Eh ben, alorssse ! s'pèce de moule ! C'est par l'aut'bout qu'il fallait commencer, parce qu'à présent qu'il n'y a plus rien de ce bout-ci… si t'aurais commencé par l'aut'bout, il n'te resterait plus rien à faire !… »

Colophon de la quatrième partie

Camember initiateur.

Camember entreprend d'expliquer au conscrit Pitanchu comment aller au spectacle gratis

CAMEMBER. — Conscrit ! Comment que tu s'nommes ?
LE CONSCRIT. — Pitanchu, mon sapeur, de la 2e du 1er.
CAMEMBER. — Conscrit Pitanchu de la 2e du 1er, j'te vas enseigner gratis le moyen d'aller pour rien à la comédie.

Camember prend Pitanchu par l'épaule

CAMEMBER. — J'te vas dire : la pièce que l'on joue est une pièce toute nouvelle (...) que les franc-maçon ?
PITANCHU. — Non, j'suis boulanger !
CAMEMBER. — Ça n'empêche pas ! ainsi Cancrelat, qu'est serrurier de son état, ça ne l'empêche pas d'être en même temps une moule !

Camember mime le mot de passe

CAMEMBER. — Eh bien ! conscrit ! Voici la chose.
Tu n'as qu'à te présenter aux gens qui sont derrière une espèce de comptoir et tu leur-z-y-matricules le geste comme duquel je te l'instrumente. C'est le geste des francs-maçons qu'ils veulent aller voir la Tour de Nesles… Et alors ils t'feront entrer subito.

Pitanchu entre dans un théâtre

Convaincu et confiant, Pitanchu, qui de sa vie n'est entré dans un théâtre, se dispose à mettre en pratique la recette du sapeur et pénètre avec émotion dans le temple de Melpomène.

Pitanchu est expulsé pedu militari

Après une éclipse momentanée dans l'intérieur du monument, Pitanchu fait une brusque réapparition, poussé qu'il est par une force que nous pouvons qualifier d'occulte. « Cedant arma togae », dit avec à-propos un critique célèbre et influent.

Camember précise son explication à Pitanchu désapointé

CAMEMBER. — J'parie qu't'avais pas mis tes gants ?
PITANCHU. — Mais… vous ne me l'aviez pas dit !
CAMEMBER. — C'pas étonnant… alors… sans gants, sais-tu c'qu'il signifie, le geste ?… il signifie, raide comme balle : « t'es-t-un muff ! »

Colophon de la cinquième partie

Un tondeur rasé.

Camember, assis sur un banc, carresse un chien

Le sapeur est le père du conscrit et l'ami des toutous ; c'est pourquoi Camember fraternise avec un caniche hirsute, auquel il prodigue les épithètes les plus flatteuses. Passe le fils Christophe, de son métier tondeur de chiens des têtes couronnées, en tous genres et autres.

Un marchand hirsute adresse la parole à Camember

« Joli, m'sieu l'sapeur, vot'caniche ! mais y serait encore plus joli si qu'il serait tondu par quelqu'un qui saurait.
— J'ai la bonde dans votre sens, m'sieu l'Tondeur, comme y dit l'major qu'est un homme éduqué. Pour lorsse j'vous défends pas de le tondre. »

L'hirsute entreprend de démontrer à Camember ses talents de tondeur

« Voyez-vous ! m'sieu l'sapeur ! J'vas y faire des moustaches que vot' tambour-major en attrapera la jaunisse de jalousie. Pour vous faire patienter, permettez que je vous offre un « cincentimados ! »

Camember fume le cigare pendant que l'hirsute tond le chien

« Moi, réplique Camember, j'l'aimerai mieux tondu à l'ordonnance, mais vous savez mieux que moi ce qu'il lui faut à c't'amphibie. Faites comme vous voudrez m'sieu l'Tondeur ! c'est vot' métier… Fameux votre cincentimados, comme vous l'matriculez ! »

L'hirsute réclame à Camember une juste rémunération de son talent

« Là, v'là qu'c'est fait ! et bien fait, j'ose dire, comme doit le faire Christophe le tondeur de chiens de toutes les têtes couronnées en tous genres et autres… C'est 2 fr. 50 ! »

Camember rentre à la caserne

« 2 fr. 50 ! Mazette ! mo que j'vous parle, je me fais tondre pour quatre sous !… Oh ! pis ! vous savez, m'sieu l'Tondeur ; que si ça coûterait un million que j'm'en battrais l'œil ! C'est point-z-à moi, c'cabot-là ! et même je vous dirai-z-en confidence que je ne sais pas-t-à-qu'est-ce. »

Colophon de la sixième partie
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