logo Pierre AULAS
Les facéties du sapeur Camember par Christophe - Pierre Aulas
 Parcours  |   Réalisations  |   Cours  |   Chroniques  |   Divers
Plan détaillé
Camember est présenté au lecteur.
Ier groupe d'histoires.
IIe groupe d'histoires.
Camember hygiéniste.
Camember est très en colère.
Camember observe plus qu'il n'expérimente.
Camember fait des économies.
C'est la foi qui sauve !
Un remède renversant.
IIIe groupe d'histoires.
IVe groupe d'histoires.
Ve groupe d'histoires.
VIe groupe d'histoires.
VIIe groupe d'histoires.
VIIIe groupe d'histoires.
Épilogue.

IIe groupe d'histoires.

Camember hygiéniste.

Camember passe à côté de Gleux-les-lures

Camember change de garnison, et songe avec attendrissement que la prochaine étape est Gleux-lès-Lure, où papa et maman Camember l'attendent autour d'une potée de choux ombragée de saucisses et autres victuailles légères et délicates.

Camember embrasse ses parents

« Bonjour, papa et maman ! — Comment, c'est toi ? Mais comme t'as renforci ! Et pis t'as monté en grade !… En un sens, t'es comme qui dirait le plus premier du régiment, pisque t'es avant les tambours ! »

Camember présente au major la meilleure chambre de la maison

Or le major a justement reçu son billet de logement pour chez Camember père, rue des Canes. Camember fils lui fait les honneurs de la belle chambre. — « Que vous allez dormir là-dedans comme qui dirait z-une marmotte, m'sieu l'major ! sans comparaison et sous vot'respect. »

Le major se lève la nuit et surprend une forte odeur

Mais malgré les assurances du sapeur, le major, énergiquement insectivoré, s'obstine à ne pas fermer l'œil. Il est même fâcheusement impressionné par une odeur qu'il qualifie de suis generis, vu qu'elle lui semble venir d'un têt à porcs, voisin de « la belle chambre ».

Le major met en garde Camember

« Avez-vous bien dormi, m'sieu l'major ?
— P'faitement mon ami. P'faitement ! Seulement tu devrais bien dire à ton paternel de mettre sa porcherie plus loin de la maison d'habitation.
— Et pourquoi ça, m'sieu l'major, sans vous commander ? »

Camember répond au major

« Pourquoi ça ?… Mais parce que ça n'est pas sain !
— Pas sain !… La porcherie ?… Ah ! pour le coup faites excuses si j'm'ostine, m'sieu l'major ; mais v'la bien trente-cinq ans qu'elle est là et nous n'avons jamais eu un cochon malade. »

Colophon de la première partie

Camember est très en colère.

Camember fume tout en crachant par terre

Le colonel, qui est le père du régiment, a autorisé le sapeur Camember à fumer, même quand il est de planton, ce qui ne semble causer qu'une joie modérée au fonctionnaire chargé du bon entretien de l'immeuble…

Le préposé place une caisse de sable à l'endroit où le sapeur a l'habitude de cracher

qui imagine aussitôt un moyen ingénieux d'opposer, dans la mesure du possible, une barrière au flot montant dû à une sécrétion trop abondante des glandes salivaires du sapeur.

Camember crache de l'autre côté

Seulement Camember, qui connait les belles manières, se déclare à lui-même qu'il serait souverainement inconvenant d'expectorer dans un récipient aussi propre… Et il opère une conversion à gauche.

Le préposé change le bac de place. Camember s'interroge

Ce qui détermine un mouvement tournant et défensif du préposé sur le flanc gauche du sapeur…
« Ah ! çà, pense Camember, fortement intrigué par la tactique du préposé, qu'est-ce qu'il me veut donc cet oiseau-là ? »

Camember recrache de nouveau de l'autre côté

Aussitôt Camember, toujours poli, refuse sa gauche en opérant un changement de front à droite. Cette manœuvre rend le préposé perplexe. Cependant, après avoir hésité quelques secondes, il se détermine à poursuivre sa tentative jusque-là infructueuse…

Camember finit par s'énerver et s'adresse au préposé

en effectuant un mouvement parallèle. Alors Camember éclate : « Ah ! mais ! pipelet de malheur, est ce que tu veux te payer ma tête ?… J'te préviens que si tu me présentes encore ta mangeoire,… foi d'sapeur !… j'crache dedans ! »

Colophon de la deuxième partie

Camember observe plus qu'il n'expérimente.

Cancrelat et Camember vont au restaurant

Camember, toujours bon pour les conscrits, a autorisé Cancrelat a lui offrir un balthazar. L'un et l'autre commencent par être un peu émus par l'aspect de « guérites » disposées dans leurs assiettes sans doute pour faire honneur à leur qualité de « mélétaires ».

Cancrelat et Camember prennent place à table

Cependant tout se passe à peu près convenablement, si ce n'est que Cancrelat se refuse à démolir sa guérite et que Camember s'obstine à lire la carte à l'envers, ce qui a pour résultat d'amener un fin sourire sur les lèvres de rose du garçon Anatole.

Les deux compères se régalent de leur rince-doigts

Mais, arrivés au rince-bouche, nos deux amis croient devoir s'administrer à l'intérieur l'eau chaude que les gens, réputés distingués, utilisent pour exécuter en public de petits niagaras hygiéniques mais peu appétissants.

Les serveurs présentent aux deux amis des cure-dents sur une assiette

Alors les garçons, nés malins, et qui, de loin, ont vu la scène, apportent gravement à chacun des deux amis un cure-dents sur une assiette. — Bigre ! pense Camember. C'est ceci qui doit être rudement bon… parce qu'ils n'en donnent guère !

Cancrelat se lance dans le découpage de son cure-dents. Camember observe les autres clients

Cancrelat y va carrément : il essaie de couper son cure-dents en tranches minces, et trouve que c'est un peu dur. Camember, qui est doué de l'esprit scientifique, cherche s'il n'y aurait pas dans les environs quelqu'un occupé à déguster la chose.

Camember informe Cancrelat de sa découverte

Puis, renseigné, il se penche vers Cancrelat et sur un ton sévère quoique confidentiel : « Cancrelat, lui dit-il, tu vas nous faire prendre pour des moules, s'pèce de tourte… Tu n'sais donc pas qu'ces machines-là ça n'se mange pas ?… Ça s'suce ! »

Colophon de la troisième partie

Camember fait des économies.

Camember se tient au garde à vous devant la colonelle

LA COLONELLE. — Savez-vous servir à table, sapeur ?
CAMEMBER. — Pour sûr, ma colonelle ! Chez nous, c'est toujours moi qui j'servais le foin à l'étable.

Camember fait le service avec élégance

Grâce à ses antécédents, Camember est élevé à la dignité de serveur en remplacement de l'ordonnance momentanément en permission. « Surtout, lui a dit la colonelle qui est une femme d'ordre, surtout pas de gaspillage ! Ne jetez rien sans vous être assuré que cela ne peut plus servir.
— Compris, ma colonelle », a dit Camember.

Camember jette les restes dans un pot destiné à la friture

C'est ce qui explique les opérations mystérieuses auxquelles se livre le sapeur dans les profondeurs de l'office, opérations qui ont pour effet d'altérer la pureté de la friture de mam'selle Victoire et de provoquer les protestations du chien Sacapus, qui se voit déçu dans ses espérances les plus légitimes.

Camember fait la vaisselle avec M'selle Victoire

« Voyez-vous, mam'selle Victoire, quand la maîtresse de maison elle est économe… Vous me croirez si vous voulez… Eh ben ! c'est pas la même chose que quand elle est dépensière ! »

Camember est affairé à une table. Mlle Victoire l'observe

Puis Camember s'isole pour se livrer à une occupation qui semble fort importante. Mam'selle Victoire, qui voudrait bien savoir ce qu'il fait, sans manquer aux régles de la discrétion, l'entend murmurer : « Oui !… faut d'l'économie !… Comme elle dit la colonelle… »

La colonelle interroge Camember sur son activité

« Que faites-vous donc là, sapeur ? interroge anxieusement la colonelle. — Ma colonelle m'a dit de ne rien jeter de c'qui pourrait encore servir, répond le bon sapeur… Eh ! ben, je retaille les cure-dents. »

Colophon de la quatrième partie

C'est la foi qui sauve !

Camember est à la visite médicale

Camember va à la visite. « Qu'est-ce que tu as, Camember ? — Sauf votre respect, M. le Major, que ce serait comme si j'aurais des guernouilles dans le ventre. »

Pendant que Camember se rhabille, le médecin lui explique son mal

« Je sais ce que c'est, dit le Major ! C'est un peu d'hydrogastrie… Tu vas aller trouver l'infirmier, tu demanderas douze sangsues et tu te les appliqueras sur l'estomac. »

Camember revient de chez l'infirmier avec un pot contenant des sangsues

« J'y ai demandé douze sangsues et v'là ce qu'y m'donne ! Tiens ! qué drôles de p'tites bêtes et faut que je mette ça sur l'estomac ! Eh ben ! là ! vrai ! il ne s'épate pas, l'major. »

Camember ordonne à la cuisinière de lui préparer les sangsues

Camember va trouver la bonne du colonel : «  — Sans vous commander, mam'selle Victoire, vous ne pourreriez pas me prêter une casserole ! — Très folontiers, mossieur Gamempre. »

Camember mange les sangsues et explique à Mlle Victoire les raisons de ce frugal repas

« Et fous allez mancher c't'horreur là, mossieur Gamempre ? — Dame ! mam'selle Victoire, sur l'estomac, qu'il a dit le major, sur l'estomac… paraîtrait que j'ai là dedans de « l'Idolâtrie ! »

Camember vient féliciter le major pour l'excellence de son remède

« Eh bien ! Camember, tu me parais guéri ! — Oui, M. le major ; vos p'tites bêtes elles ont mangé mes guernouilles. Aussi, dors en avant, qu'on ose encore dire devant moi, comme ça s'dit tous les jours, qu'vous êtes une vieille baderne ! »

Colophon de la cinquième partie

Un remède renversant.

Le médecin examine la bouche de Camember

« Qu'as-tu encore, sapeur ?
— J'peux plus avaler !
— Voyons ça ! Tiens ! tu as une amygdalite ! Il faut attirer le sang aux pieds. »

Le docteur indique à Camember le remède à suivre

« Tu vas me prendre un bon bain de pieds à la moutarde jusqu'à ce que tes pieds soient devenus tout rouges comme des homards. Tu m'as bien compris ? »

Camember réfléchit en machant un brin d'herbe

« Un bain de pieds ! que voilà un remède dont j'ignore. Faut que j'me renseigne au sujet de la chose près des gens qu'ils en sont susceptibles. »

Camember se renseigne auprès de Mlle Victoire

« Mam'selle Victoire, aureriez-vous queuq'fois pris un bain de pieds ? — Foui ! mossieu Gamempre, teux ou troas foas ; on drempe ses pieds dans l'eau. »

Camember renverse le contenu d'un pot de moutarde dans la rivière

Muni de ce renseignement et d'un pot de moutarde, Camember se dirige vers la rivière. — « Faut bien tout ça pour une animalite comme y dit le docteur ? »

Camember patiente, les pieds dans l'eau de la rivière, un petit drapeau à la main

Camember, qui s'est mis à son aise, ne tarde pas à éprouver une sensation inconnue de bien-être et de satisfaction intime. « C'est sûrement la moutarde qu'elle opère ! » pense-t-il.

Camember retire ses pieds de l'eau, ils sont tout blancs.

Au bout de deux heures, Camember constate un résultat bien singulier : au lieu d'être rouges, ses pieds sont devenus blancs comme neige.

Camember rapporte au major les conséquences de son remède. Le major réfléchit

« Et alors tes pieds sont devenus blancs au lieu de devenir rouges ?… Singulier !… étrange !… Donc moutarde… produit sur sapeur… effet contraire !… »

Le major a trouvé la solution propre à guérir le Camember

« Eh bien, mon brave, puisque ta nature est ainsi faite, je ne vois plus qu'un moyen de te sortir d'affaire : trempe-toi la tête dans la moutarde, ça te fera probablement descendre le sang aux pieds. »

Colophon de la sixième et dernière partie
Plan du site  |  Mentions légales  |  Crédits  |  Aide