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Les facéties du sapeur Camember par Christophe - Pierre Aulas
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Plan détaillé
Camember est présenté au lecteur.
Ier groupe d'histoires.
IIe groupe d'histoires.
IIIe groupe d'histoires.
IVe groupe d'histoires.
Une méprise du sapeur.
Camember est plein d'idées.
Camember est plein d'idées (fin).
Camember sur les planches (premier début).
Camember au théâtre (second début).
Le dernier exploit dramatique de Camember.
Camember généralise.
Ve groupe d'histoires.
VIe groupe d'histoires.
VIIe groupe d'histoires.
VIIIe groupe d'histoires.
Épilogue.

IVe groupe d'histoires.

Une méprise du sapeur.

Camember s'adresse à mam'selle Victoire

« Mam'selle Victoire, que je vous dise !… V'là la colonelle qui m'pavoise de l'honneur de l'accompagner dans ses visites, à seule fin de lui porter ses cartes. J'en ai-t-y de la chance, mam'selle Victoire !
Et de l'honneur !… j'en ai-t-y ? »

Camember suit la colonelle en bombant le torse

Et Camember, fier comme Artaban, pénétré de sa responsabilité, muni d'une provision de cartes qu'il a prises sur le bureau de son chef, emboîte le pas derrière la colonelle avec une grâce et une distinction suprêmes.

Camember tend une carte à une accorte domestique

Et quand la colonelle lui dit : « Sapeur, donnez une carte ici ! » il s'avance avec cette urbanité exquise, apanage du soldat français, et s'empresse d'en donner une demi-douzaine, aimablement, si la personne lui plaît…

Camember refuse une carte à un domestique (pas accorte)

Quitte à se rattraper ailleurs en faisant des économies, lorsque le préposé ne lui inspire que du dédain, ou tout au moins le laisse indifférent.

La colonelle s'adresse à Camember

« Sapeur, dit la colonelle, donnez une carte à mademoiselle ! — C'est que, ma colonelle, j'obtempère… que je crois… que… je n'en ai plus. »

Camember a trouvé une carte et l'annonce à la colonelle

« Ah ! si ! faites pardon, ma colonelle, n'en v'là z'une que je découvre. Il me reste encore l'as de pique. »

Colophon de la première partie

Camember est plein d'idées.

Un hussard à cheval remet un pli au sapeur Camember

« Sapeur, une lettre pour le colonel. Il me faut un reçu. — Bien ! Tête d'acier, on y va ! Ventre de fer ! »

Le hussard tente de se gratter sous la cuirasse

Cependant, le cuirassier semble inquiet et agité. Il se passe sous sa cuirasse quelque chose d'insolite.

Le cuirassier est descendu de cheval et se gratte le dos contre un mur

Camember en rapportant le reçu trouve le cuirassier qui essaye de se frotter contre un mur à la façon des ânes.

Camember s'informe du trouble du cuirassier

Camember s'informe. Le cuirassier lui apprend qu'un vil insèque fait des entrechats sous sa cuirasse ! Camember compatit. « Ce doit être une puce », dit-il.

Camember informe le cuirassier qu'il faut procéder aux sommations

« Nous allons l'expulser, dit Camember ; mais avant, il faut lui faire trois sommations. C'est le réglement. »

Camember saisit son sabre et s'apprête à le faire entre sous la cuirasse

La puce étant restée sourde à la voix courroucée du sapeur, celui-ci se prépare à employer la force.

Colophon de la deuxième partie

Camember est plein d'idées (fin).

Camember glisse le fourreau du sabre entre la cuirasse et le dos du cuirassier

Camember passe délicatement la latte du cuirassier dans le dos de l'idem, pour expulser l'animal.

Camember passe un balai dans le dos du cuirassier

Les moyens violents ayant été inefficaces, Camember en imagine d'autres qui ne réussissent pas davantage.

Camember réfléchit. Le cuirassier se gratte

Alors Camember ému par la triste situation du cuirassier, se plonge dans les abîmes de la réflexion !

Camember et le cuirassier se rendent chez l'épicier du coin

Résultat des réflexions du sapeur : — « M'sieu l'épicier, aureriez-vous une drogue susceptible de gratter la peau d'un cuirassier ? — Faitement messieurs, prenez la peine d'entrer. »

Camember verse dans le dos du cuirassier le contenu d'un sac de poil à gratter

« Assieds-toi et ouvre le cou gros frère, que je t'y introductionne c'te poudre grattatoire ! »

Le cuirassier va mettre son pied aux fesses de l'épicier

« Le major, qui n'est pas une bête, pense Camember, il dit comme ça que quand le malade donne des signes d'agitation, c'est que le remède il commence à opérer. »

Colophon de la troisième partie

Camember sur les planches (premier début).

Camember et Cancrelat observe une pièce de théâtre depuis les coulisses

Camember et Cancrelat sont de service au théâtre, où une troupe de passage donne un drame en vers.
Le « traître » déclame :
« … Et ma vengeance, en somme,
Doucement de chemin va son petit bonhomme ! »
« Canaille ! va », murmure Camember, indigné.

Le traître se cache dans un coffre situé sur la scène

Mais ayant entendu du bruit, le traître s'empresse de se soustraire à tous les regards en disparaissant dans un coffre qui se trouve là par hasard.
« Faut-y qu'il ait un aplomb ! » dit Camember hors de lui.

Camember entre sur la scène pour dénoncer la cachette du traître

Alors la jeune opprimée vient ourler des mouchoirs avec la tranquillité d'une âme pure. Camember n'y tient plus et fait irruption sur la scène.
« Faites excuse, mam'selle, mais que vous semblez ignorer qu'il y a dans vot' malle un salle pékin qui mijote à vot' vis-à-vis des fumisteries subversives ! »

Camember ouvre le coffre et saisit le traître par les pieds

Puis, plein de zèle, Camember ouvre le coffre et saisit par les jambes le traître, qui proteste avec la dernière énergie. Alors Camember appelle à l'aide : « Cancrelat ! arrive ici, vieux lapin ! »

Camember et Cancrelat emmène le traître dans les coulisses

« Allons ! Du nerf, Cancrelat, de la vigueur ! enlève-moi c't'iroquois et vivement ! Ayez pas peur, mam'selle ; nous allons l'boucler et solidement et rien ne s'oppose plus maintenant à ce que vous épouseriez Ugène ! »

Camember et Cancrelat se retrouvent en prison

Conclusion : quinze jours de salle de police, pour scandale public, au sapeur Camember et au fusilier Cancrelat !
« Vois-tu, Cancrelat, dit Camember, dor-en-avant, entre l'arbre et le doigt ne mets jamais l'écorce ! »

Colophon de la quatrième partie

Camember au théâtre (second début).

Camember et Cancrelat, déguisés en grecs, patientent en coulisse

On a demandé les deux plus beaux hommes du régiment pour figurer, au théâtre, deux soldats grecs. C'est Camember et son ami Cancrelat qui ont été désignés à cause de leurs qualités « fusiques et entre insectes » (physiques et intrinsèques).

Le régisseur explique aux deux hommes leur rôle

« Mes amis, dit le régisseur, nous représentons une pièce nouvelle : L'héritage du cousin Agathias… Quand on criera : « Voilà les Thébains ! » vous faites irruption sur la scène, vous saisissez un individu qui s'y dissimule et, malgré ses cris, vous le rapportez ici. »

Les deux grecs apparaissent sur la scène

Le signal est donné !… « Allons Cancrelat, dit Camember, faisons « éruption » !… Ousqu'il est ce particulier qui s'appelle Six Mules, comme il dit, l'autre chien… Est-ce que tu le vois, toi, Cancrelat ?
— J'le serche, mon sapeur ! » répond Cancrelat.

Nos deux grecs ont repéré le souffleur

« Mon ancien, dit tout à coup Cancrelat, ça ne serait-il pas le dit « Six Mules » ce sale pékin qui se cache dans ce petit trou et qui nous reluque avec son œil de melon comme si qu'on lui aurait vendu des pois qui ne veulent pas cuire ? — J'la partage ! » riposte le sapeur.

Camember et Cancrelat se saisissent du souffleur et l'entraînent en coulisse

Et Camember donnant l'exemple se précipite, suivi de Cancrelat, sur le souffleur.
« Oh ! hisse ! là ! fais pas attention s'il beugle, Cancrelat. « Malgré ses z'hurlements qu'il a dit », l'autre pékin… du nerf ! Cancrelat ; de l'éruption… et vivement. »

Cancrelat et Camember en costume militaire, devisent sur leurs péripéties

« Est-ce que tu y comprends quelque chose, Cancrelat ?… Non seulement ils ne nous ont pas payé, mais ils nous ont traités de porcs hippiques ! Si on me repince à être acteur !… Veux-tu que je t'infuse mon opinion ?… Tous des faignants, les acteurs ! »

Colophon de la cinquième partie

Le dernier exploit dramatique de Camember.

Camember et Cancrelat postulent pour faire figurants

Mais il ne faut pas dire : « Fontaine ! je ne boirai pas de ton eau ! » Car une autre troupe ayant demandé au quartier de beaux hommes comme figurants, Camember et Cancrelat posent de nouveau leur candidature vu leur expérience de la chose.

Le régisseur explique son rôle à Camember

« Voyez-vous, sapeur, dit le régisseur, tout à l'heure on tirera un coup de pistolet. À ce moment précis, vous soufflerez par ce trou de façon à éteindre la bougie qui est de l'autre côté du portant… Est-ce compris ?
— Faitement, m'sieu l'rôtisseur, faitement. »

Camember souffle à travers du portant qui sert de fond à la scène

LE JEUNE ET BEAU SEIGNEUR au traître. — « Misérable ! bénis le ciel de ce que je n'ai pas tiré quand je tenais sous le talon de fer de mon pistolet d'acier !!!… Tiens ! vois-tu ce flambeau ? Eh bien, regarde !!!… Pan ! — Pfffft », fait Camember avec vigueur, et conformément au programme.

Camember souffle encore plus fort

La chandelle n'a même pas vacillé ! — « Quelque fois je manque le premier coup ; mais jamais le second, jamais ! » dit le jeune et beau seigneur, qui ne se démonte pas pour si peu… « Pan !! — Pfffffffft ! » refait Camember… La flamme continue à étoiler la nuit sombre et la salle commence à ricaner.

Camember dégage la peau d'oignon placé en travers du trou

« Dans ces machines-là, on a toujours trois coups », dit aimablement le traître farouche… Cependant Camember constate avec stupéfaction qu'un farceur, qui ne peut être que Cancrelat, a collé dans le trou une pelure d'oignon. Camember rétablit l'ouverture.

Camember souffle un grand coup, avant que l'acteur ait tiré

« Je recommence », dit le beau et jeune seigneur. (À part et d'un ton furieux.) « Et toi ! sapeur de malheur, tâche de souffler ! — Pfffft ! » fait aussitôt Camember sans attendre le coup de pistolet. On dut baisser le rideau devant une tempête de sifflets. Ce fut le dernier exploit dramatique du sapeur.

Colophon de la sixième partie

Camember généralise.

Camember est appuyé contre un mur, le regard dans le vague

D'une nature poétique et d'un caractère contemplatif Camember, de planton, mélancoliquement regarde tomber la neige.

Camember fait des petits bonds en gardant les mains dans les poches

Malheureusement la rêverie contemplative n'empêche pas d'avoir froid, et c'est ce qui explique l'exercice singulier auquel se livre Camember gelé quant aux pieds (κατα ποδας, en grec).

Camember donne des grands coups de pieds contre le mur, toujours avec les mains dans les poches

C'est aussi ce qui légitime cet autre exercice plus violent mais aussi plus efficace, dont le but est de ramener le sang aux extrémités inférieures du sapeur.

Camember, au pied d'un escalier, entend mam'selle Victoire qui l'appelle

UNE VOIX SUAVE DANS L'ESCALIER. — Mossieu Gamempre !!
CAMEMBER. — Mam'selle Victoire.
LA VOIX SUAVE. — Le golonel y fous temante ! »

Le colonel reçoit le sapeur avec une fourrure sur les pieds

Ce que le colonel indisposé voulait au bon sapeur n'a pas la moindre importance. Ce qui en a c'est que Camember, à l'aspect de son grand chef, se mit à dire intérieurement : « Tiens ! Tiens !! Tiens !!! »

Camember met ses pieds à l'intérieur de son bonnet de poil

Et que de retour à son poste au bas de l'escalier, il poursuivit extérieurement : « Tiens ! Tiens !! Tiens !!!… Pourquoi donc que moi z'aussi je ne mettrais pas mes pieds de derrière dans la fourrure ? »

Colophon de la septième et dernière partie
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